Le Conseil d’orientation des retraites a publié son rapport annuel 2026. Il dresse un état des lieux actualisé du système français de retraite et de ses perspectives financières à long terme.
Premier constat : le système de retraite serait déficitaire de 5,1 milliards d’euros en 2025, soit -0,2 % du PIB. Dans le scénario de référence, ce déficit se maintiendrait dans la durée : -0,2 % du PIB en 2030, -0,9 % en 2045, puis -2,4 % en 2070.
Les dépenses de retraite représenteraient 14,1 % du PIB en 2025, un niveau élevé en comparaison internationale. Elles resteraient globalement stables jusqu’en 2045, autour de 14,2 % du PIB, avant de progresser pour atteindre 15,3 % du PIB en 2070.
Cette évolution s’explique notamment par les nouvelles hypothèses démographiques retenues par l’Insee : une fécondité désormais estimée à 1,45 enfant par femme à partir de 2028, un solde migratoire annuel de +150 000 personnes, et des gains d’espérance de vie légèrement revus à la baisse.
Le rapport souligne aussi que le rapport entre actifs et retraités continuerait de se dégrader. Le nombre de personnes âgées de 20 à 64 ans rapporté aux 65 ans et plus passerait d’environ 2,5 en 2025 à 1,62 en 2070 dans le scénario de référence.
Deux mécanismes limiteraient toutefois la hausse des dépenses : le recul progressif de l’âge moyen de départ à la retraite, qui passerait de 63,1 ans en 2025 à 64,6 ans en 2070, et une progression des pensions moins rapide que celle des revenus d’activité.
Conséquence importante : le niveau de vie moyen des retraités continuerait d’augmenter en euros constants, mais moins vite que celui des actifs. Rapporté à l’ensemble de la population, il passerait de 100,2 % en 2023 à 90,3 % en 2070.
Enfin, le COR rappelle que les différents leviers d’équilibre n’ont pas les mêmes effets économiques. La baisse des pensions et la hausse des cotisations peuvent peser sur la consommation, l’emploi ou l’activité. Le report de l’âge effectif de départ soutient davantage l’emploi et les recettes publiques, mais pose évidemment d’autres questions sociales et individuelles.
En résumé, le rapport ne décrit pas un effondrement du système, mais un système durablement sous tension, très dépendant des évolutions démographiques, économiques et des choix politiques à venir.