PER et assurance vie : quelles différences ?

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PER et assurance vie : quelles différences ?

D’un côté, l’assurance vie, placement souple et polyvalent, utilisé pour épargner, transmettre un capital ou préparer des projets.
De l’autre, le plan d’épargne retraite (PER), conçu prioritairement pour se constituer un complément de revenus à la retraite, avec un avantage fiscal à l’entrée dans certaines conditions. Les deux produits sont utiles, mais ils répondent à des logiques différentes.

Différence n°1 – La disponibilité de l’épargne

L’assurance vie

L’épargne placée sur un contrat d’assurance vie reste en principe disponible à tout moment. Vous pouvez effectuer un rachat partiel ou total, sous réserve des conditions du contrat et, le cas échéant, de l’acceptation du bénéficiaire si celle-ci a été formalisée. Après 8 ans, le contrat bénéficie d’un cadre fiscal particulièrement favorable en cas de rachat. Le contrat peut également prévoir une sortie en rente viagère.

Le PER

Le PER est un produit d’épargne de long terme destiné à la préparation de la retraite. L’épargne est donc en principe bloquée jusqu’à l’âge de la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. À l’échéance, le PER permet aujourd’hui une sortie en capital, en rente, ou en capital et rente, selon la nature des sommes concernées. En revanche, l’épargne issue des versements obligatoires d’un PER d’entreprise reste en principe versée sous forme de rente, sauf conversion possible lorsque la rente est très faible.

Différence n°2 – L’avantage fiscal pendant la phase d’épargne

L’assurance vie

Les versements effectués sur un contrat d’assurance vie ne sont pas déductibles du revenu imposable. Ils ne procurent donc pas, en eux-mêmes, d’économie d’impôt à l’entrée. L’intérêt fiscal de l’assurance vie se situe surtout au moment des rachats après 8 ans et en matière de transmission.

Le PER

Les versements volontaires sur un PER peuvent, dans certaines limites, être déduits du revenu imposable. Cette déduction s’effectue dans le cadre du plafond épargne retraite personnel. En contrepartie, l’épargne est indisponible jusqu’à la retraite, sauf cas de sortie anticipée autorisés. Le report des plafonds non utilisés est en principe possible sur les 5 années suivantes pour les versements 2026.

Différence n°3 – La fiscalité de la rente viagère

L’assurance vie

Lorsque l’assurance vie se dénoue sous forme de rente viagère, celle-ci est imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction de la rente est imposable, déterminée selon l’âge du crédirentier au moment du premier versement.
Par exemple :

  • entre 60 et 69 ans, 40 % de la rente est imposable ;
  • à partir de 70 ans, 30 % de la rente est imposable.
    La fraction imposable supporte également les prélèvements sociaux.

Le PER

La fiscalité de la rente du PER dépend du traitement fiscal des versements à l’entrée. Lorsque les versements volontaires ont été déduits, la rente est imposée comme une pension de retraite, avec application de l’abattement de 10 % dans la limite du plafond global applicable aux pensions. Lorsque les versements n’ont pas été déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux, comme pour l’assurance vie.

Différence n°4 – La fiscalité d’une sortie en capital

L’assurance vie

En cas de sortie en capital, seule la part correspondant aux intérêts et plus-values est imposée. Les gains supportent les prélèvements sociaux de 17,2 % et l’impôt sur le revenu selon le régime applicable aux rachats d’assurance vie. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune s’applique sur les produits, tous contrats confondus.

Le PER

La fiscalité d’une sortie en capital dépend là encore de l’option choisie à l’entrée :

  • si les versements volontaires ont été déduits, la part correspondant aux versements est imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des pensions, sans l’abattement de 10 %, tandis que la part correspondant aux gains supporte le PFU de 30 %, soit 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux ;
  • si les versements volontaires n’ont pas été déduits, la part correspondant aux versements est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et seuls les gains sont soumis au PFU de 30 %.

Différence n°5 – La fiscalité en cas de décès

L’assurance vie

L’assurance vie bénéficie d’un cadre successoral spécifique souvent favorable. En particulier :

  • pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose en principe d’un abattement de 152 500 €, puis la taxation est de 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà ;
  • pour les versements effectués après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique sur les primes versées, tous bénéficiaires confondus, les produits capitalisés étant hors assiette de cette taxation successorale spécifique.
    Le conjoint survivant ou le partenaire de PACS est en principe exonéré.

Le PER

Pour le PER, les conséquences en cas de décès dépendent notamment de la forme du plan et du moment du décès. En pratique, pour un PER assurance, le traitement en cas de décès avant liquidation se rapproche souvent de celui de l’assurance vie, sous réserve des règles propres au contrat et de l’âge au moment des versements. En cas de décès après mise en service d’une rente, les conséquences dépendent de la présence éventuelle d’une réversion ou d’annuités garanties. Il est donc préférable d’éviter sur le site une formulation trop simplificatrice et de retenir une phrase prudente :
« La fiscalité en cas de décès dépend de la nature du PER, du moment du décès, de l’âge de l’assuré et des modalités prévues au contrat. »

En pratique

Parce qu’ils répondent à des objectifs différents, le PER et l’assurance vie sont complémentaires.

Le PER est particulièrement adapté pour :

  • préparer la retraite ;
  • bénéficier, le cas échéant, d’un avantage fiscal à l’entrée ;
  • se constituer un revenu complémentaire à long terme.

L’assurance vie est particulièrement adaptée pour :

  • conserver une épargne disponible ;
  • financer des projets à moyen ou long terme ;
  • organiser la transmission d’un capital dans un cadre fiscal spécifique.

L’économie d’impôt procurée par les versements sur un PER peut d’ailleurs être utilisée pour alimenter une assurance vie. Les deux solutions peuvent ainsi être articulées dans une stratégie patrimoniale cohérente.